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Premier aperçu sur le dégagement et l’étude du moulin à roue horizontale de Saint-Jean à Saint-Vallier (AM)

Le dolmen (du breton dol = table, men = pierre) est une structure funéraire préhistorique bâtie à
l’aide de blocs de pierres, le plus souvent constituée par une dalle horizontale reposant sur des blocs
verticaux, le tout étant recouvert d’un monticule de pierres et de terre appelé tumulus.
A l’évocation de ce terme, on ne peut s’empêcher de songer aux imposants mégalithes de la
Bretagne, mais il faut garder à l’esprit que toutes les régions de France ont connu le phénomène du
mégalithisme et le département des Alpes-Maritimes n’échappe pas à cette règle. Bien au contraire, il nous
offre un ensemble de structures diversifiées, principalement localisées en bordure de la vallée de la Siagne.

On ne sait ce qui motiva Claude de Tende, à la fois gouverneur de Provence et seigneur de Caussols-Cipières, à vouloir accaparer une partie du territoire de Saint-Vallier pour le joindre à celui de Caussols et agrandir ainsi son domaine, peut-être sa forte position de gouverneur, les appuis importants à la cour de France (parenté avec François 1er) et le rôle qu’il joua à Pavie. Malgré tous ces atouts cette tentative osée d’un seigneur puissant contre une communauté et son seigneur avorta, faute d’arguments solides, la justice ayant eu raison de la force.

La fréquentation des plans cadastraux napoléoniens des communes de Saint-Vallier et de Caussols, ainsi que la lecture de relations historiques nous ont fait découvrir une voie dite de Grasse à Entrevaux. La consultation des cartes modernes au 1:20 000 et 1:25 000 a révélé également quelques indices. Mais ces
renseignements épars ne concordaient pas : on se trouvait en présence d’une voie dite Route, Ancienne Route ou Chemin, offrant en outre différents tracés. Une enquête minutieuse était donc nécessaire à la fois sur le terrain, avec les cadastres, les archives et les publications d’ordre historique. Il était également indispensable de connaître les données archéologiques afin de les situer par rapport à cette voie et y trouver des concordances éventuelles

Quand on se promène dans l'arrière-pays grassois, en particulier dans les Communes de St-Cézaire et de St-Vallier, communes sur lesquelles notre recherche s'est particulièrement orientée, on est frappé de rencontrer, aussi bien sur les plateaux que dans les pentes arides ou boisées, une multitude de constructions diverses et de terrasses, élevées selon la technique de la pierre sèche,
c'est-à-dire sans aucun liant. Il s'agit principalement de bories, de cabanes rectangulaires, de bergeries, d'enclos, de structures indéfinissables, de puits aux formes variées, de terrasses de culture, de tas d'épierrement, de murs innombrables dont la fonction nous échappe. La variété et la multitude de ces constructions que nous étudions sur le terrain depuis plusieurs années, nous ont amenés à interroger les documents écrits concernant ces deux communes. La recherche sur le terrain s'est alors doublée d'une investigation dans les documents d'archives et la moisson s'est avérée fructueuse.

En parcourant le pays de Saint-Vallier, on rencontre un nombre important de constructions en pierre sèche, toutes de formes variées, qu’elles soient avec une toiture en encorbellement ou recouvertes d’un toit en tuiles. Des murs innombrables partagent les parcelles, délimitent des propriétés, entourent une bergerie. Ces murs sont souvent imposants, mais n’offrent pas de particularité singulière. L’un d’entre eux pourtant présente une originalité que nous n’avons encore jamais rencontrée. Il s’agit d’un mur ordinaire, semblable à tant d’autres, mais qui est hérissé de grandes et longues pierres dressées sur son faîte. La vision est saisissante, surtout quand on l’approche par temps de brume.

Récit " NOTRE MOULIN "
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 12-08-2023

Dans le Haut pays grassois, situé dans les Alpes-Maritimes, est un village, Saint-Vallier-de-Thiey, mon village, celui qui détient les secrets de mon enfance. Nos parents ne pouvaient, à cette époque, nous emmener souvent au bord de la mer. Alors, un endroit féerique, le moulin Saint-Jean au bord de la Siagne, nous transportait ; notre mer c’était là. Baignades, pêche et balades se succédaient au rythme des saisons.

Les routes et chemins sont les indicateurs des relations entre les pays, contrées, villes et villages voisins. Ils révèlent par leur tracé, leur dénomination et leur importance le rôle qu’ils ont joué durant toute l’histoire de l’implantation humaine. Depuis le milieu du 19ème siècle, la carte des itinéraires routiers a été profondément modifiée sur la commune de Saint-Vallier avec la création de la RN 85, dite Route Napoléon, de la nouvelle route menant à Cabris et des rectifications apportées à celles allant à Saint-Cézaire et à Caussols. D’autre part, l’abandon des activités de culture et d’élevage au cours de ce même siècle, déjà amorcé dans quelques quartiers auparavant, a provoqué l’inutilité de certains chemins. Il en fut de même après la période romaine durant les siècles précédant la restauration du pouvoir central au début du deuxième millénaire. Durant des siècles, le paysage fut totalement différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.

Les différents objets décrits dans cet article m’ont été confiés par J.-P. PANCIATICI, vice-président du GRHP qui les a lui-même empruntés à M. André CHIAPPOLOTI de St-Vallier, spéléologue inventeur du site, que nous remercions sincèrement pour son prêt. Nous avons pu ainsi photographier et dessiner ce matériel, puis le publier dans notre bulletin, le but étant de porter à la connaissance ce type de mobilier au demeurant assez exceptionnel et, lorsque cela est possible, de pouvoir le comparer avec d’autres découvertes semblables dans un secteur géographique proche. Le matériel est connu, il a été mis au jour il y a plus de 10 ans. A l’époque, les bracelets avaient été présentés à l’ancien Conservateur du Musée d’Histoire de Provence à Grasse, mais il ne les a jamais publiés.

Il s’agit d’un volume de 143 folios entreposé aux Archives Départementales des Alpes-Maritimes, dépôt Saint-Vallier CC1, enregistré, par les soins de l’archiviste, comme un « rapport de constitution de cadastre ». En fait, ce document n’est pas un cadastre bien qu’il puisse donner cette illusion à première vue, il s’agit d’un « Rapport sur les Clots ». Il a été commandé à la fois par le seigneur temporel de Saint-Vallier, le chapitre de Grasse et par le Parlement de Provence, afin d’estimer l’état du terroir, en particulier celui du Deffens, et considérer s’il est encore « capable de nourrir et d’entretenir un nombre suffisant de bestail d’avérage et de grosses bestes ».

Nous garderons, durant tout l’article, l’orthographe du mot CLOT, telle qu’elle figure le plus souvent dans le Rapport et non pas CLOS qui serait plus régulier. On trouve également les graphies CLAUX et CLAUS qui se rapprochent plus du prov. CLAUS, signifiant « clos », « enclos », tiré du latin clausum.